J'ai une relation malsaine avec mon corps.

Je regardais mon corps hier, chose qui m'arrive rarement. J'ai tendance à l'oublier, ne pas le considérer, ne pas m'en occuper. Il n'est qu'une enveloppe qui ne me représente pas, un vêtement qui m'encombre. Enfin, la plupart du temps, je n'y pense pas, je fais tout pour ne pas le ressentir non plus. Je ne supporte pas d'avoir faim, je ne supporte pas d'avoir mal. J'ai horreur quand il se rappelle à moi. Je me suis désolidarisé de ce corps. Donc je le regarde peu.
Et hier je me disais que plus ça allait, plus je cicatrisais mal. Je garde des marques des bleus que je me fais, des boutons que j'ai, des griffures. Et puis en ce moment, je ne sais pas ce qu'il y a mais ma peau ne supporte plus du tout le frottement. Si j'ai les bretelles de soutif trop serrées, j'ai des boutons. Mes grosses cuisses qui frottent et me font des boutons, c'est souvent. J'en ai sous les bras aussi. Au delà du fait que ça ne fait que me dégoutter un peu plus de ce corps, je me rends compte que ma peau prends super cher en fait. Genre, j'ai remarqué que j'avais des points noirs sur le ventre. En fait, je vois que ma peau est trop étirée. J'ai des veines super apparentes, des vergetures partout, je suis un véritable zèbre. Mais je vois bien qu'elle est tendue, à tel point que j'en viens à me demander s'il est possible qu'elle craque. Est-ce que je vais finir par exploser comme un ballon trop gonflé ? Est-ce que ça me permettra d'en sortir, comme d'un oeuf-surprise, ou est-ce que c'est bien le mien et je vais y rester avec lui ?

Je ne sais pas de quand date cette déconnexion. Je me demande si elle n'a pas toujours été là. En tout cas, je n'ai pas de sentiment d'appartenance. Et donc pas de responsabilité. Je pense qu'une part de ma résistance à la question de contrôler mon poids vient de là. Je ne me suis pas vue doubler mon poids. Ça s'est fait sans mon consentement, à mon insu. Et c'est à moi de réparer ? Non. J'ai pas la force. Jetez celui-là, donnez m'en un mieux, on repart sur de bonnes bases. Celui -là est abimé. Je refuse ce corps. Il est encombrant. Abimé. Je l'ai abimé. Et en n'en prenant pas soin, j'ai permis qu'on l'abime aussi. Il n'y a plus rien a sauver, c'est juste un déchet. Une coquille vide, qu'il est temps de jeter. Est-ce qu'inconsciemment je le pousse à bout ? Pour voir s'il va me lâcher, lui aussi ? S'il va éclater ? Si ça fait mal d'éclater ? J'en sais rien.

J'ai du mal à me sentir concernée. Comme d'habitude, ça dure une heure, deux heures, une journée, et ça repart. C'est pas que je m'en fout, c'est que j'enterre sous la tapis. J'ai rien vu, je sais rien. Le déni, mon amour. Je sais que ça va finir par me péter à la gueule (et on applaudit la vanne de qualité... ). Un jour ou l'autre, ça s'arrêtera. Comme si je cherchais la limite. Sans me rendre compte que ça sera sans doute trop tard. Que ça sera grave. Là, en l'écrivant, je m'en fout. Enfin, c'est même pas que ça me semble improbable, c'est que ça ne provoque rien. J'ai pas peur, je ne suis pas inquiète, j'en rigole pas non plus. C'est juste le vide. Un bon gros néant. Pas de sentiments, de sensation. Juste des faits énoncés de manière froide et lucide.

Ça serait bien que j'arrive à garder tout ça à l'esprit pour le déconstruire avec le psy quand même.

Commentaires

  1. Quelle violence envers toi même. Comme tu le dis, peut être qu'inconsciemment tu cherches à te pousser à bout?
    Je suis personne pour te conseiller quoi que ce soit. Je te dirai juste ce que j'ai ressenti en lisant ton article. J'ai ressenti de la tristesse, de la colère, du dégout. Pourquoi cette haine?
    J'espère qu'un jour tu trouveras la paix avec toi même. Phrase bateau, je sais.
    Mais courage :)

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    1. Cette haine remonte à loin, peut-être que je l'expliquerait un jour. Merci en tout cas ! ♥

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