Comme une envie de hurler

Aujourd'hui est un jour sans. Je ne sais pas si ça vous arrive à vous, d'avoir envie de hurler. Moi c'est assez souvent. C'est là, ça couve, ça viens des tripes. Je le sens qui monte, doucement mais surement et qui reste bloqué dans ma gorge, qui m'étouffe. J'étouffe. Ce hurlement, ça fait longtemps que je vis avec, et qu'il n'est jamais sortit. Des fois, lors de crises d'angoisses, de larmes, il essaie de sortir, mais il reste silencieux. Parce qu'il ne faut pas déranger. Faut pas faire de vagues. Alors je le ravale, et j'essaie de vivre avec cette boule coincée dans la gorge, cette tumeur invisible. Je pense qu'elle vient d'un trop plein de choses, mais je n'en suis même pas certaine. Tout ce que je peux faire, c'est vous parler de ce qui me donne envie de hurler aujourd'hui.



J'ai envie de hurler parce que j'ai peur. Et j'en ai assez d'avoir peur. Je vous parlais la dernière fois de ma phobie sociale, d'à quel point elle me complique la vie. La vérité, c'est que j'ai peur de tout. De vivre essentiellement. Et c'est épuisant. J'en ai assez. Mais je ne parviens pas à m'en défaire.

J'ai peur de tout parce que je passe ma vie à essayer de me protéger. Je suis une enfant maltraitée. J'allais ajouter "ex" mais je laisse ça comme ça. Non pas que ça soit toujours d'actualité et je ne suis plus une enfant non plus, mais le fait est là. J'ai aussi rencontré une collection assez impressionnante de personnes malades, toxiques, ce qui fait qu'aujourd'hui, je me suis repliée sur moi-même pour qu'on ne puisse plus m'atteindre. Réaction logique, mais le revers de la médaille c'est que je me suis enfermée dans une prison trop bien fermée, je ne trouve plus la clef. Je suis incapable de bouger, de vivre, parce que la vie fait mal et que je ne veux plus souffrir. Sauf que je me rends compte qu'à 26 ans, je n'ai plus vraiment le temps d'avoir peur. Je devrais me bouger, vivre cette vie. Ok, les personnes qui m'ont crée regrettent ce fait, mais il faut que je m'en foute, parce que c'est fait. Je suis là. J'existe. Alors que dois vivre. Je me laisse paralyser par ma peur, et donc je suis coincée dans une journée sans fin. Je ne me lève que pour attendre d'aller me coucher. 

Pourtant, j'ai envie de sortir. J'étouffe, j'ai juste envie de prendre mes clics et mes clacs, de faire une valise et de me barrer. Où, j'en sais rien, mais j'ai besoin d'air. J'ai besoin de rêver, d'espoir, mais surtout d'air. Je passe ma vie sur internet à lorgner sur la vie des autres, sur leur apparente liberté, leur insouciance affichée. Tous ces gens qui lustrent leur vitrine sur internet. J'envie toutes mes connaissances d'écoles qui se marient, qui achètent, qui fondent une famille. Ma propre sœur s'est mariée sans que je sois au courant. J'ai envie de hurler parce que moi aussi je veux être insouciante, je veux pouvoir vivre des choses comme ça, je veux que ma vie soit simple. Mais ce n'est pas le cas. J'ai envie de hurler de frustration et de jalousie aussi.

J'ai ce désir d'enfant qui me ronge. Je sais que ce n'est pas le moment, je n'ai pas de travail, pas de permis, pas de stabilité mentale, pas un poids idéal non plus, mais voilà. J'ai juste envie d'envoyer tout ces critères valser, parce que je ne sais pas si j'arriverais à tout réunir avant qu'il soit trop tard. Des fois que je me disque j'aimerais être de ces couples qui ne se posent pas de questions, qui foncent tâte baissée et qui voient ensuite. Mais je sais que ce n'est pas possible. C'est drôle parce que pendant longtemps je n'ai pas voulu d'enfants. Parce que je me suis occupée de mes frères et sœurs et que du coup, j'estimais avoir fait ma part. Mais depuis quelque temps, l'envie est là, et elle me brûle. J'ai pas d'autres mots en fait, c'est vraiment un besoin presque. Même si je sais que les conditions ne sont pas idéales, j'ai tendance à penser qu'elles ne le sont jamais. On ne peut jamais tout prévoir.

J'ai envie de hurler quand je vois la société dans laquelle on vit. L'élection présidentielle à venir me fait peur. Je n'ai pas confiance en l'avenir.  J'ai envie de hurler parce que je suis fatiguée de tout ça, parce que je tourne en rond, parce que le monde ne tourne pas rond. Parce que je suis révoltée à propos de bien trop de choses, parce que je suis en colère, déçue, blessée.

Mais rien ne sort, alors j'essaie de faire avec. De continuer, aussi douloureux soit-il. De rêver, parce que sinon à quoi bon ? J'essaie de toute mes forces de ne pas me laisser abattre. Ou de ne pas décrocher au moins. Un pas après l'autre. Un peu comme j'ai appris à marcher j'apprends à vivre. Doucement mais surement.


Promis, le prochain article sera plus joyeux. ♥

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